Textes libres de droit
contact mail
la vie des morts

POEME GOTHIQUE

miroir brisé
ombrelle
piano
prison de tristesse
un insecte dans un verre retourné
lolita gothique
un insecte dans un verre
deux squelettes au scanner qui s'embrassent
chaînes
un cou
un oiseau mort
une décharge
deux femmes qui s'embrassent
dos nu
dessin d'une femme qui fume
deux statues qui s'embrassent
un regarde qui glace
autocontact
Livre poeme gothique
Se procurer le livre biographie poete

CONSCIENCE


*** CONSCIENCE ***


Qui a volé le mystère du tombeau des Roi
ne laissant que poussière au fond de leur bois
Qui n’a plus fait d’amour qu’un corps caverneux
et de notre cœur plus que veines bleues
Qui a volé ta Foi en criant Seigneur !
et fait de tes chairs un cancer de peur
Qui habille ton rire de l’acier d’un dogme
qui t’as fait vomir sur l’avenir des hommes
Qui a emporté en torrent la pluie
gravé dans le marbre le sang de nos vies
Qui a su comprendre et vendre notre âme
à cette vérité que dicte un programme
qui a su prédire comment sur ma joue
s’écouleraient mes larmes sans savoir leur goût
qui a su répondre aux mots inconnus
en volant ses rêves de savoirs voulus
et n’a plus en mains qu’un vide rempli
de vœux envolés, d’espoirs accomplis
qui n’a fait de moi qu’une seule équation
qu’une seule hypothèse, celle d'avoir raison
et moi qui la suis j'embrasse son erreur
de faire de nos vies des détonateurs
qui a fait de nous ce rien que nous sommes
et nous a appris qu'on était personne




JUSTE POURRIR


*** JUSTE POURRIR ***


Le cimetière éventré de tombeaux éventés
Se fout du visiteur et son rire édenté
de pierres dont la mâchoire s’est brisée de silence
a planté ses crocs noir sur la chair qu’on lui lance
et le marbre a mâché les restes de ces corps
et a mangé d’abîmes les déchets qu’il dévore
Les tristes désaccords qui sont fait pour lui dire
qu’une nouvelle offrande était laissée pourrir
n’est qu’un cadeau de plus que l’énorme intestin
du monstre va broyer pour n’en laisser plus rien
que des gaz, feux follets qu’il éructe et recrache
par tous ses pores cette mort, flatulence qu’il ne cache
que par les croix, ces cibles apposées sur la viande
qu’il mordille en bavant attendant qu’elle faisande
lorsque de nouveaux pas sur sa langue ont posé
leur goût de douleur et de souffrance ankylosées
Il détourne un instant son regard vers chacun
appréciant la valeur de ce qui sera sien
puis grogne et s’ouvre ; il sait que pour moi est le deuil
et son palet de glaise pourlèche le cercueil
avant qu’une dent sale ne vienne fermer le trou
commence sa salive à sourdre des écrous




NAISSANCE D'UN TYRAN


*** NAISSANCE D'UN TYRAN ***


Le vent a battu les battants de bois lourd
des volets qui claquant se sont ouvert au jour
Par la fenêtre immense une ombre fugitive
est passée pour finir éclipsée sous l’ogive
de la fenêtre aux verres qui ont volés soudain
ne laissant que gravas sous le grondement d’un
missile qui a vomit de ses sombres entrailles
le feu qui a mangé sans fin l’épouvantail
de ce camp retranché, d’hôpital qui n’était
qu’un tapis de mourants qu’il a exécuté
et les enfants en pleurs qui ont perdu la tête
de leurs parents qui tremblent secoué par la brouette
que les bras des restants qui sont bien souvent seuls
portent en pleure les cris qui n’ont plus de linceul
et au milieu des cendres un enfant est dressé
sur le sein de sa mère, sur son sang a versé
ses larmes et n’en a plus. Maintenant la colère
le tient droit comme son arme et sa main sur le fer
montre l’avion qui gronde et a volé sa vie
il lui faut une vengeance et ce n’est pas son cri
qui le vengera seul quand sauveuse une voix
s’élève au milieu des restes et crie "Tous avec moi !"

vengeance, vengeance souffle sur leurs traces
vengeance, vengeance il n’y a plus d’enfants
vengeance, vengeance ce ne sont que des traces
vengeance, vengeance, des traces de sang

vengeance, vengeance souffle sur leurs traces
vengeance, vengeance il n’y plus d’enfants
vengeance, vengeance ce ne sont que des traces
vengeance, vengeance, des traces de sang

tuez, tuez, tuez les tous car ils sont tous les mêmes
le pilote jusqu’à celle qui écrit ce poème
tuez, tuez, tuez les tous car ils ne méritent rien
qui n’a pleuré sur ces gravats n’est pas un des tiens
tuez, tuez, tuez les tous qu’importe désormais
tu n’as plus de repos, tu souffres car tu aimais
tuez, tuez, tuez nous tous car nous le méritons
que le sang des tes pleurs tâche ce que nous aimons
qui n’a jamais souffert ne peut jamais savoir
ce que fait de serrer sa mère sans plus d'espoir




NE M'OUVREZ PAS LES YEUX


*** NE M'OUVREZ PAS LES YEUX***


Je suis l’Etranger qui s’est perdu chez lui
spectre sans murmure marchant sans bruit
traversant les souffrances, murs de grès et de glaises
au ciment de douleurs aux linteaux du malaise
Mes pas n’ont écorché ni les rivés rouillés
ni les larmes mes joues qui les ont essuyées
et mes doigts pâles aux gouttes qui pressé clapotis
tombe au long de ma route cette traînée rubis
où le fer n’est plus rien que ces chaines à mes pieds
que je traîne en grinçant sans pouvoir les expier
quand n’entend mon fantôme au loin les chiens savants
dont la meute vers moi précipite en bavant
leurs gueules dont les crocs à l’éther de mon être
se plantent et maintiennent mon esprit sur le tertre
de ce tombeau. Infâmes et prisonniers mes membres
crispent le vide-sang, sans pouvoir s’en défendre
des maux qu’ils ont ouvert. Mes yeux cernés, folie
enchaînés aux barreaux ont hurlé dans ce lit
au carrelage où ne grince que l’auréole verte
d’un dieu maudit dont l’œil garde la porte ouverte
voie infâme et moqueuse d’où s’échappent les anges
qui eux sortent leurs pinces lentement de la fange
Ils me parlent ces hommes, ironiques ne savaient
qu’ils creusaient ma folie en voulant m’en sauver
J’étais déjà perdue à leurs entailles en croix
quand la guêpe a piqué son venin dans mon bras
moi je hurle : vous ne comprenez pas.. Je ne suis pas ici
mais eux ils ne riaient qu’au mouvement de la scie
voleur, voleur rendez-moi cet ailleurs
aux griffes de leurs doux sourires n’est que douleur
voleur, voleur laissez moi de nouveau traverser le ciment
que de vos idéaux baptisé de mon sang
vous m’avez volé. Ce que je n’ai voulu,
pourquoi devrai-je me battre moi qui n’existait plus !
laissez moi s’il vous plaît pourquoi ainsi me faire
ouvrir les yeux sur ce qui n’est rien que l’enfer
et le sang de ce monde a coulé sur ma joue
quand les lames immondes m’ont appris à dire nous




VER MAUDIT


***VER MAUDIT ***


Moi triste je t’ai cru quand confiant tu m’as dit
qu’au dessous de l’enfer était le paradis
et j’ai creusé ma tombe en écorchant mes rires
au meilleur ne voulant plus qu’espérer le pire
et de toutes ces histoires que je n’ai pas gardé
voulant me trouver laide quand l’on me regardait
espérant le dégoût, dans l’autre et son regard
ne voyant plus que mal là où n’était qu’espoir
Il ne me reste rien maintenant, j’ai l’enfer
j’ai compris mais trop tard que rien n’était sous terre
et que de m’enfoncer toujours dans ma folie
je n’avais rien gagné car tout s’était enfuis
maintenant je suis seule sans pouvoir avancer
Sachant que mon enfer n'avait que commencé
et que sa seule fin était sans doute la mienne
sous l'enfer il n’y a rien, rien que nos âmes en peine
qui ont creusé leurs tombes à l’ombre d’un meilleur
qu’elles ne pouvaient avoir qu’en le voyant ailleurs
Au dessous de l’enfer il n’y a que regret
rien que nos âmes en peines qui s'y sont égarées
Au dessous de l’enfer j’ai refermé la porte
dernière moi il n’y a rien, rien que promesses mortes




LA BAUDROIE


*** LA BAUDROIE ***


regarde. Œil laiteux, disque noir,
corps ébène et osseux, sa mâchoire
fend son sourire en lames, où tapis, ses crochets,
cartilage amer au froid de ces rochers,
lacèrent en coutures et referment le vide
de sa peau noire ébène et d’entrailles avides.
Se cèlent, barbelés, l’abîme et les viscères
du monstre qui agite, devant, cette lumière.
Quand passe un faible trait qui d’argent n’est qu’un vœux,
par ses nageoires, tourbillon n’est que vase à ses yeux
et brusque s’ouvrent alors un sillon. Est happé
son corps par le gouffre, sans pouvoir échapper
à sa vie qui s’achève. Retombent en mourant
les vestiges d’un rire maquillé de courant
et se clôture alors à nouveau la prison,
d’où elle agite encore et encore le tison.
La vase lentement retombe et fine masque
toujours mieux la chair et la peau flasque,
d’où ne naît plus qu’un phare au milieu du récif.
Il est déjà trop tard, nos rêves entre ses griffes
où nos questions ne fond qu’enterrer le mystère
dont on ne voit plus rien que sa propre lumière




HOLSTEIN


*** HOLSTEIN ***


Tu es seule gothique parmi tous les plagiats
et je veux t’imiter comme tous ceux que je vois
J’ai maquillé mes yeux de mes envies de mort
et je me donne un genre comme j’ai vendu mon corps
sans vraiment le vouloir, juste écouté mon cœur
dont je ne sais plus voir, maintenant que douleur
et comme des oiseaux qui tout fiers chanteraient
juste pour eux sans cesse mais jamais n’aimeraient
ce qu’ils ont pu produire, picorant les mourants
sans vraiment se nourrir pour se sentir vivant
sans aucun charme aimer à provoquer la peur
quand on est qu’une enfant qui refoule ses pleurs
et tacher ses poèmes en faisant de ses peines
comme un affreux drapeau tout ce carcan de haines
et puis tout ça pour quoi.. croire dominer sa fin
qui fait bien peu de cas de ces tristes pantins
que nous sommes en disant aimer la différence
quand c’est de son refus que l’on a pris naissance




CE QUI N'EST PLUS QU'HISTOIRE


*** CE QUI N'EST PLUS QU'HISTOIRE ***


Et c'est cette clôture que j’aimais à franchir
quand mes pieds dans les herbes et sans plus réfléchir
moi je courais vers toi et les brins nous frôlant
nous dansions en riant nous tombions en roulant
pour ne plus rien former qu’un seul corps enlacé
mes mains pressant ton dos tendrement j’embrassais
ton cou et puis couvert de pailles et de fleurs,
d’insectes et soleil, au feu de ces couleurs,
nos yeux ne voyaient plus que nos yeux tendrement
l’un dans l’autre nos cœurs se fondaient plus qu’amants
et ce champ était plus que l’univers même
c’était plus qu’un mot et bien plus que je t’aime
maintenant ce n’est plus qu’un barbelé de fer
que cette clôture où, moi je revis l’enfer
du souvenir de nous, de tes yeux et des miens
le champs n’a pas changé mais il ne change rien
au larmes de mes yeux qui se perdent sans voir
ce qu'ici s'est passé et qui n’est plus qu’histoire




SAINTS ENTERRES


*** SAINTS ENTERRES ***


Des gouttes sont tombées sur les noires allées
de ton antre où se dresse les âmes empalées
dont la détresse n’est que ce cri qui n’a plus
que ce filet carmin pour mendier son salut
et les hères aveugles ont mangé le silence
et accroché leurs maux au mot de pestilence
faisant vibrer près d’elles les nuées qui découvrent
la prison de leur corps qui lentement leur ouvre
une demeure roidie plus blanche que le marbre
sous laquelle prend vie lentement la peau glabre
car les crocs de la grotte n’ont pas broyé leurs os
qui gardent cette emprunte de ce qui était eau
et n’est maintenant plus qu’une poupée de cire
dont la bouche s’est tue en soufflant l’avenir,
que la pierre grondant au dessus, sous les pieds,
de ceux qui la creusant cherchent qui vous étiez,
parfois fait trembloter comme un vieux souvenir
vos dents s’entrechoquant comme en voulant leur dire
qu’il vous a bien reçu et pas plus de regrets
que le soleil soit loin quand il n’y a plus d’après
et pas plus de regard de ces creux vides et froids
qui un jour furent vos yeux et cette nuit ne soient
plus que ce morne appel, obscur tombeau de chair
que le puits de vos âmes que les temps vous fauchèrent
et parfois tu avances, toi sans voir leur trépas
ou tu pourrais le faire toi qui n’existe pas
et qui tient dans tes mains les globes arrachés
aux fils de tes doigts où ils pendent attachés
ceux qui n’existent plus et toi de ces décombres
de leurs sourires, tu joues en leur donnant ton ombre




LES PASSES D'AIMONS


***LES PASSES D'AIMONS***


J'ai perdu le jais de tes yeux dans l'ombre de mes nuit
tes mains ont disparues aux mots de notre ennui
Nos doigts pâles n'ont plus qu'un squelette abandon
quand elles parcourent nos peaux au froid de leurs tendons
Tu as perdu ma voix aux hurlements du vent
Je n'entends plus que toi et cet amour d'avant
J'ai creusé de mes peines un sillon qui lacère
un creuset de passion.. mais ces passions passèrent
la terre n'a rien voulu, elle n'a rien retenu
l'eau de nos souvenirs a bercé nos peau nues
jusqu'à ce que ridées, noyées de ces regrets
nous n'ayons plus rien d'elles qu'un avant cet après
et que nous ne séchions l'encre de nos mémoires
qu'en enlaçant nos corps inutiles semoirs
d'où ne germera rien que le mal en racine
dont la bouture a prise en nos âme assassines
La rigole où verdit ce futur envasé
n'est plus qu'un voeu croupi qui nous a arrasé
et de nos pieds baignant dans la mare de nos vies
on pourrit en sachant que c'est sa seule envie




NOTRE PASSION


***NOTRE PASSION ***


Deux âmes égarées sur ce pont pourchassées
par les ténèbres qu'elles avaient cru bon d'enlacer.
Blanches, en la fumée du monstre se détachent
leurs peaux, noires leurs mains ont la cendre des lâches.
La plus jeune était belle, je le sais comme je t'aime
quand l'abîme a jeté et mordu la bohème
de nos vies, fait trembler les fondations de plume
que nous avions bâti pour combattre l'écume
qui perle de la gueule infâme et dévoreuse
de notre bonne amie, notre manie faucheuse,
nos doigts ont basculé. Dans l'abîme est-ce ta main,
est-ce tes os que je serre, en pleurant, dans les miens ?





SERVITUDE


*** SERVITUDE ***


Transportées, enchaînées sous les roues tractopelles
sont les traînées en V d'une vie éternelle
Les esclaves d'argile au manteau de poussière
ont des larmes de suie sous leurs ombres de pierre
écorchées du labeur, paysan ne leur offre
que les grains de poussière qui retournent à leur coffre




SANG VIOLE


*** SANG VIOLE ***


Dans l’ombre de ces murs aux sabots noirs fendus
esquisse sa figure une faim défendue
en tressaillements d’ombre exhalent ses naseaux
des râles de fumée qui font fuir les oiseaux
sa gueule est une grotte et sa gorge sans fond
ne souffle que la forge et vomit au plafond
des flammes qui ne lèchent que ma face et de haine
il ne griffe et ne sèche que mes joies et mes peines
ne laissant d’elles que cadavres sans coquille
où le mal être même n’est qu’un phare qui ne brille
que dans ses yeux de braise et les miens sont sans vie
cataracte de glace aux fantômes assouvis
château d’un autre temps où les murs sont de lave
et ne versent leurs douves que des torrents de baves
acide lorsque ta peau se repaît de mon corps
mordant et déchirant ce qui devait éclore
ne laissant de ma fleur qu’un bourgeon noir flétri
bouton n’est que verrue aux vents mordant mes cris
de vierge dont le corps est plantée sur sa croix
dont il ne reste plus que du sang sur mes draps




LE VENERABLE MEURT


*** LE VENERABLE MEURT ***


Anguille serpentine se déhanche filiforme
Sifflement de la scie sur le front du vieil orme
Suitant de larme jaune, de pulpe blanche et grise
Se maintient, droit mais vieux aux dents qui l’agonisent
Ses longs doigts secs ont pris racine avec de l’air
Crucifiés par les cieux, l’acier taillant sa chair



Pature inutile


***PATURE INUTILE***


Filament barbelé à ma bouche est prison
clôturée que l’on saigne, arrachée n’est que plomb
d’imiter ce que bêle à mes yeux de que vaut
ce muet Roi qu’on appelle pour sauver le troupeau
et le tondu miracle des bêtes aimant sans bruit
ont marché abattues, suppliant avec lui
des carrosses de peine à leurs reins cabossés
les abîment en silence de qui vivre ne fait
et l’haleine d’eux seuls a laissé du message
enchaînés, avec eux juste un loup dans nos cages




HACKER PERDU


*** HACKER PERDUE ***


Devant mes yeux s’éclairent, pulsent les mots et pages
dont les codes se pressent a mes doigts donnant vie
dans la lumière honnie s’impriment en visages
les phrases sans paroles d’une âme sans amie
De ce masque de fer qui avale à mes mains
les mots de mes pensées, le mystère à mes sens
prédatrice, me repais aux secrets de l’humain
troupeau que je libère, cri muet de ma présence
De ces secrets volés à ceux de leur système
que mes doigts assoiffés entrouvrent et se retirent
des gardiens affolés, frères perdus que je n’aime
plus, vendus, prisonniers au rêve de martyrs
et de prendre avec eux l'ombre qui d’eux se moquent
duel aux touches d’ébènes, pressées, claquent et se taisent,
leur répond en silence de mots sans équivoque
qui les envois meurtris les clouant à la chaise
de la médiocrité, moi mon trône est perdue
sur une autre planète ou le libre est un du




CARESSE


*** CARESSE ***


De ses yeux prisonnier l'astre lune qui luit
fendus de larmes noires qui les griffent de nuit
regarde et mon reflet en eux se fait lumière
quand ils luisent aux feux de mes sombres prières.
Sa patte en jade agile à posé sur ma peau
laiteuse ses coussins qui masquent les couteaux
qui saignent de sillons, mes doigts qui sont perdus
dans l'abîme et le soir où ils ont disparus,
sous la fourrure au jais qui ceint son corps si fier,
me toise le félin et n'offre que mystère
à mon âme et la berce en doux ronronnements
pour me faire avec grâce, cadeau de ce moment.




AVANT


*** AVANT ***



Les épines assassinent sa raison condamnée
rôdent leurs mains d’abîme près de l’enfant blotti
tenant contre son cœur, enserrant ramené
des affres de son drap, le doux et vieux teddy
enfouissant son nez pâle dans tous les souvenirs
dont la peluche usée, son rempart à ces choses
bouclier confident, exhale le vieux cuir
Les sentant maintenant rôder si près il n’ose
même plus respirer ou bouger le tissu
pierre-enfant dont le cœur est un bout de chiffon
En ténèbres se meuvent les griffes qui le tuent
Dans tous ses cauchemars qu’il fuit mais qui le font
trembler ses yeux se ferment en sanglots d’impuissance
aux sons qu’il ne connaît, battant l’armoire obscure
rôdent cet être d’ombre auprès de sa figure
pleure et un jour enfin ouvre ses yeux au soir
sortant de son lit blanc et insultant le noir
lui dit qu’il n’a plus peur de sa beauté obscur
et ouvrant un à un ces tiroirs qui torturent
ferment ses poings aux rêves et leur montre les dents
au milieu de sa chambre il est devenu grand






SOEURS DE SANG


***SOEUR DE SANG ***



Tu te perces les veines mais ton sang me revient
moi l’être transfusé me vide de tes plaies
de ton bras cicatrice, de mon coeur qui se plaint
du vide qui te nourrit mais moi m’a avalé
Le couteau qui me bat, taille notre avenir
lacère un bras, sillon de mes larmes amères
tendit que tu t’en vas, moi je veux revenir
Dans l’eau de ta baignoire se teintent mes regrets
au siphon qui aspire nos vies mercures poisons
tandis que nos deux corps, si blafards et si près
d’en finir les ténèbres déchirent nos cloisons
la fin de nos douleurs, tant pour toi que pour moi
ce refuge du faible qui me cloue à ta porte
que tu quittes en riant, que j’insulte en pourquoi
mais qui lie nos cadavres de nos natures mortes
baromètre éventré, pompant l’air impression
toi car l’air te viciait, moi toujours accroché
mais fuyant à regret car de fabrication
bâclée. La mort t’a pris la main et moi fauchée
Salope si tu m’entends, sœur indigne de deuil
qu’on ne m’enterre pas à côté de l’infâme
sinon tu comprendras au froid de ton cercueil
qu’on ne se coupe pas facilement de mes larmes
et de ta courte fuite alors regretteras
après mille ans ma haine qui te consumeras






L'ALCHIMIE DES ROSES


***L'ALCHIMIE DES ROSES ***



Vin de rose au bouquet s’offre tendre et bouillonne
De son musc glacé en vapeurs tourbillonnent
Autour du verre qu’elles luisent aux lèvres frémissantes
des colonnes en bulles l’effleurent ces amantes
viennent s’abandonner condensats qui ruisselle
de leurs chaudes salive dans la froide coupelle
glissent les grains de poudre y gonflent de leurs larmes
plongeant dans cet abîme ils disparaissent en charmes
la font d’émoi changer de couleur et se parent
d’une robe bleutée en vert se chamarrent
au cœur du doux liquide au gré du feu qui doux
vient lécher de sa flamme ses doigts à ses remous
exhalent ses arômes, de son cœur qui se noie
qui exultent de chaud qui en pleure de joie
quand de nouveaux pétales y sont plongés, se gorgent
du sucre du passé et en son sein se forgent
un nouveau corps au cœur d’un vieux rêve d’humain
distiller la beauté pour en faire un parfum





DER'IVER


***DER'IVER ***


Ils s'abîment aux ongles de l'hiver, mes doigts
s'habillent d'un manteau qui les courbe de froid
Battue par la tempête aux ailes du dragon
blanc qui souffle mon être au froid de ses façons
déchire de sa griffe en assaut ne s'arrête
qu'en dévorant ma peau, en lacérant ma tête
Hurle au vide d'espoir, gueule en ténèbres luisent,
les beautés illusoires dont les baisés détruisent.
Mais soudain de la croupe, du monstre ailé de glace,
descend le mort enfant qui triste me fait face
et vient prendre ma main, dans ses crochets resserre
tendrement, voyageur, tout mon corps dans ses serres
De mes yeux lourds cristaux, de bleus cernés de sang
arrache la lumière au couteau de ses dents.




LE JEU DES DIABLES


***LE JEU DES DIABLES***


Sur le parquet craquant, costumés, ils vaquèrent
les érôs. Tristes apôtres de naguère
leurs pas pesant, usant, les planches de la scène
en une triste ronde, aux battements obscènes
Leur masque en crâne, aux dents claquent la parodie,
sourire en serpe ou faux, entaille leur folie
La chanson muette, au lent ballet, secouent la tête,
Le maquillage aux noirs cadavres de leur fête
coule près de leurs yeux, en marques grises et sombres
Comme eux s’approchent, et puis, s’écorchent de leurs ombres
Regards laiteux ne pleurent plus que ces humeurs blêmes
qui suintent d’eux quand ils déclament leurs poèmes
Habillés de ténèbres ne cachent que noirceur
d’où deux ailes de moire, ne sont que pauvres sœurs
qui déchirent leurs dos en tentant d’échapper
au froid des mots des monstres dont le corps les happaient
Hurlent dans l’air pesant du théâtre ou la ronde
procession continue et dont les jeux ne grondent
que dans ma tête d’où s’élèvent leurs voix lourdes
spectacle dont le vide me plaint de n’être sourde
et ne laisse en mes mains que plumes arrachées
qu’ils rient fous de me voir ne pouvoir pas lâcher




MEURTRE MOI


*** MEURTRE MOI ***


Hier j’ai tué une femme par dégoût de ma vie
Un acte horrible, un drame par lequel je m’enfuis
Oui je suis assassin mais déjà condamné
et pourtant nul ne voit que ce choix je l’ai fait
et de ceux qui m’aimaient, nul ne pardonnera
hier j’ai tué une femme et cette femme c’était moi




TEMPS REPRISE


*** TEMPS REPRISE ***


L'aiguille du temps file les points de cette toile
Habille les gens de leur destin puis les dévoile
Aux yeux de ceux qui croyaient voir
Les cieux des dieux sont maintenant noirs
La faucille frappe le gong et sonne la fin
Vrille le monde d'un reflet cristallin
Tombe dans le lointain la croix
Monte les marches de ton choix
Mais une seule porte s'ouvre et la clé est perdue
Et la note découvre le vide suspendu
Le violoniste joue de son arche et son arche c'est
L'aiguille du temps filant les points de cette toile
Abîme les gens de leur destin puis les dévoile
L'arbalète tire son caveau au loin
Brandit le cimetière dans son poing
Mais la mort est avalée par la machine insensée
qui coud et recoud nos existences torturées
reprise la vie en ce lent ballet
Recommencer, recommencer
toujours recommencer
jusqu'à ce que...
la faucille frappe le gong et sonne la fin
vrille le monde du reflet de demain
Image Hosted by ImageShack.us



VAUTOURS

*** VAUTOURS***


Aujourd’hui les aigles sont devenus vautours
leurs dignes blanches têtes, leurs majestueux atours
plongés dans les chaires d'un cadavre pourri
et le sang ruisselant sur les rêves qu’il nourrit
En cherchant la vermine, oubliant qu'en cette heure
les feux rois des cieux sont tombés sans honneur
Englués dans une mare aux flots noirs et visqueux
tentant par Dieu d'en faire un repas digne d'eux
Mais oubliant que la proie et ses pauvres viscères
Font ressortir encore les horreurs, les misères
D’une dame sculptée qui s'efface violée
Un pygargue s'écrase en tentant de voler
Image Hosted by ImageShack.us



.................................... Page :  1 2 3 4 5