Textes libres de droit
contact mail
la vie des morts

POEME VAMPIRE

miroir brisé

Livre poeme gothique
Se procurer le livre biographie poete

POEMES VAMPIRES


[...] Sa main s'était, comme un ultime automne
refermée sur mon coeur qui n'aimerait plus personne





ELLE


*** ELLE ***


Sous le caveau d'éphèbes, ô belles endormies,
reine aux lèvres d'ébène, aux larmes de rubis
traverse le marais, sur sa peau l'incarnat
et le vent qui la berce frissonnent aux frimas
Où vas-tu te lover, pour quel amour perdu ?
pour quel voeux dévoyé, pour quelles faims rendues
comme une bise enceinte, une main découverte
et ta gorge étendue sur une gorge ouverte

EMMA LES MAINS BLEMES


*** EMMA LES MAINS BLEMES ***


Emma les mains blêmes aime à me retenir
et de là me mène à ne plus souffrir
Déesse immortelle de nacres fardées
l'âcre de l'éther, la lèvre lardée
De crocs qui s'enfoncent et saignent moqueurs
du mot que prononce la morte de mon cœur
Ses yeux de bohème fendus de folie
à mon âme même ont l'affre de la nuit
ses ongles qui bercent en mon dos, l'effroi
les froides caresses du monde sous mes doigts
quand sa longue robe, du jour assassin
s'envole et retombe dans l'ombre de ses mains

LE CHANT DES LEGIONS BORGNES


*** LE CHANT DES LEGIONS BORGNES ***


Entendez-vous le chant des hommes
déçu de ne pouvoir suffir
des cendres venues de Sodome
aux yeux emportés de désir

et sur le rivage éclatant
ou leur pauvreté de squelette
entraîne au mieux vers ce Satan
l'éternité qui les rejette

tout à leur vaine vagabonde
allusion de peau qui récuse
leur corps et leur tombeau, ce monde
tant vers ce Beau qui les refuse

epoumonnés à ces viscères
chargé de foutre et de putain
et loin de leur yeux ce mystère
entre la chair et le purain

CELESTE NUIT


*** CELESTE NUIT ***


Une fragile étoile a pris ma main de chair
déchet d'un autre voile déchu de l'univers
et sur sa peau de marbre où la nuit se prélasse
elle m'a redonné foi, d'un seul baisé de glace

BLETISSURE


*** BLETTISSURE ***


Aux cancrelas et aux vermines
aux chrysantèmes mortifères
aux sillons que la pluie dessine
sur les carcasses et les crinières

Aux carreaux brisés des Eglises
aux diamants brillants des sangs purs
au lent gargouillis de la bise
entre leurs astres de cyanure

Aux immortels Rois du supplice
minable petite outre pleine
qui ne perçoit que le calice
qui ourle ton habit de veines

OFFRANDES


*** OFFRANDES ***


La meute des vivants auprès de l'obélisque
offrait à nos enfants de belles odalisques
et leurs peaux blanches ceintes du grain de la pâture
formaient avec leurs plaintes la plus belle parure.

ET C'EST CELUI DU TUEUR


*** ET C'EST CELUI DU TUEUR ***


En sa demeure étrange où nul reflet git
contemple le baron, l'insondable torpeur
et sur le verre où luit, des flots de sang rougi
on prétend qu'il a peint son visage sans leurre
c'est un portrait de maître, un tableau de folie
un diamant de paraître sur un crin de rubis
et sous la perfection monstrueuse s'étire
la balafre sans nom de ses yeux de vampire

APPELEZ-MOI SEIGNEUR


*** APPELEZ-MOI SEIGNEUR ***


Elu de pauvreté, Prince des joies sauvages
connaissez-vous léthé plus doux que son visage
C'était à peine un homme traînant dans le ruisseau
nous-sommes désormais ses bêtes et son troupeau

NUL NE VA OU NUL NE VEUT


*** NUL NE VA OU NUL NE VEUT ***


Le sourire enjôleur des anges envolés
les cendres de mon coeur déchues et emportées
les démons ont brisé la porte de l'enfer
et j'ai vendu mon âme pour quelque faim de terre
Le sourire enjôleur des anges envolés
et l'horrible lueur de son jardin de plaies

L'OISEAU DE NUIT


*** L'OISEAU DE NUIT ***


Sur un toit s'est posée
une main de faïence
une main de rosée
sur un nid de silence

Sous l'ardoise endormi
nul ne sait sa torpeur
nul ne sait, nul ne cri
nul ne cri, nul n'a peur

Sur un toit s'est posée
une main de faïence
et le tendre brasier
qui décrit l'ombre dense

LES AMES EGAREES


*** LES AMES EGAREES ***


Leurs cieux enténèbrés, ombre tranchante et lisse,
leurs corps d'adieux zébrés de rêve et de supplices
Leurs yeux d'opale ardente, joyaux abandonnés
ne ceignent plus, ne lampent qu'aux larmes des damnés
à leurs masques de craie, n'ont plus qu'un souvenir
fait pour ce simple : "Non, je ne veux plus mourir"

DECIDONS-NOUS DE VIVRE UN JOUR ?


*** DECIDONS-NOUS DE VIVRE UN JOUR ? ***


Ils se tenaient la main comme un premier octobre
Jour maussade et jour plein de souvenirs trop sobres
Ils se tenaient la main, derrière eux le couchant
embrasé ces adieux illunés sur les champs
Ils se tenaient la main en brûlant à l'aurore
du feu de leur amour qui jamais ne fût mort

L'ESTHETE


*** L'ESTHETE VAMPIRE ***


Sous un part-terre de fleurs, délicats immondices
où que le vent se meurt et que sans fin rugissent
les pauvres pleurs blessants, nos fiertés de squelettes
et sur le ciel en sang aux esquisses muettes
rougissent l'illusion et son manteau de flammes
et sous notre poussière la lumière et les âmes

GRIFFE


*** GRIFFE ***


La poitrine couverte d'un diadème d'opale
au visage, une chouette sur un loup de métal
et sous la peau cireuse de sa beauté d'albâtre
un corps mort pour ce coeur qui a cessé de battre

JOUET


*** JOUET ***


Ignorant petit être à l'écorce mortelle
minable sacerdoce dont la vie se démêle
en un fil aussi fin que mes doigts qui l'enserrent
n'ont qu'un tour à donner pour trouver tes viscères

LES MASQUES LUNAIRES


*** LES MASQUES LUNAIRES ***


Entendez-vous le chant du vide
qui rampe sous l'infâme éther
leurs astres sont la chrysalide
au vasque des mains méllifères

et sur les prairies impavides
où naissent les papillons noirs
on voit sous leurs beautés livides
le purain qui fait leur doloir

EMMA A DISPARU


*** EMMA A DISPARU ***


Emma a disparu, l'éternité fugace
et l'ongle désormais de l'ombre qui m'enlace
je suis seule à nouveau, nul tombeau n'accueil
les fleurs de mes mots au fond de mon cercueil

JAMAIS PLUS


*** JAMAIS PLUS ***


Je rêvais pour un jour, de revoir les oiseaux
de revoir l'astre lourd se mirer sur ma peau
En mon âme chantonne la mésange éperdue
et contre moi ronronne mon doux chat qui la tue

FLORE EXQUISE


*** FLORE EXQUISE ***


Blanche Hélène aux yeux d'or dérivant à l'esquisse
d'ombre et ton sourire mort d'inéfables iris
entremêle entre tout, les étreintes du soir
et l'étouffement doux d'un suffoquement noir

.................................... Page :  1 2 3 4 5