Mai 2,2006, 7:07 pm
*** ECLAT DE VERRE *** |
Cogne rafale à mes volets
cogne et me brise à m’envoler
cogne comme un monstre affamé
cogne ma vitre à la briser
crache salive et froids sanglots
crache ma vie, glace mes os
gratte et lacère tout de ta chasse
envois tes larmes sur ma face
hurle ta douleur et ma peine
hurle au vent, errance vaine
bat mon regard et m’obscurcit
gouttes de pluie au goût de vie
hurle la mer et la démence
pleure noyée, tempête et lance
tous ces regrets qui me lacèrent
branches brisées, crachats de pierres
hurle les arbres et la marée
hurle aussi fort que je me tais
 |
Juin 14,2003, 9:58 pm
*** ORNEMENTALE DATURA *** |
Datura noire, en cor, résonne en moi
me crie ta fleur d'espoir, une autre ode de joie
Se meurt ton parfum aux cœurs de mes veines
Tu hantes mes matins du peu qu’ils se souviennent
La rose est sans attrait quand ta pause m'écorche
Fais de mon âme prose à ta voix qui m’est proche
Datura noire je suis calice de ta sève
L'écrit de délice sur lequel je m'achève
Brûle ta corolle, pétale aux maints arômes
quand tu hurles folle sur le souffle des hommes
La rose est poésie quand tu m'emplis de toi
Fais de mon âme, prose, à l'encre de ta voix
Oui, Datura blanche non tu n'existes plus
Un ange de feu-folie t'a brûlée à ma vue
Non, Datura blanche, oui, tu n'excites plus
Les cendres de ton charme en moi ont disparues
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Juin 14,2003, 10:16 pm
*** EFFRAIE *** |
Elle, noir de corbeau, pupille de colombe
Ceinte de lumière, posée là sur la tombe
D’un piaillement rauque à la musique douce
Fais battre mes ailes et lentement glousse
Moi l’oiseau blanc posé parmi les ombres du temps
Sous mes griffes, la pierre, une fin de printemps
La rosée luit sur ma livrée, quand je m’ébroue
Tête cachée, plumes lustrées, tâchées de roux
Hulule en cette nuit, à l’aveugle silence,
et l’œil de la lune en mes yeux d’ambre danse..
Le serre contre moi ce corps encore froid
d’une vie que l’effraie demain n’effleurera
 |
Juillet 6,2003, 8:24 pm
*** DESTINATION FINALE *** |
Celle qui n'avait pas de prénom a fait graver sur ma peau pâle
un peu des mots qu'on ne lisait qu'au tréfond de ses yeux d'opale
Elle qui avait des larmes telles qu'elle pouvait inonder mon coeur
battre ma peau, laver ma vie, m'emmêler l'âme entre ses pleurs
Celle qui n'avait pas de famille et à qui j'ai donné la mienne
un peu du bonheur qui ne brille que lorsque ma main et la sienne
ne formaient qu'une seule étoile, le centre de notre univers
nos doigts refermés sur le noir, d'où ne naissait que la lumière
Lorsque son âme à mon chevet me faisait aimer l'existence
de cet amour dans nos regards, de cette vie en sa présence
Celle qui avait ces imbéciles et se payait de leurs pulsions
pères de familles se soulageant avant d'aller à la maison
embrasser leurs fils et leurs filles, l'embrassaient elle un peu partout
en remplissant le vide dont eux, ils ne percevait que les trous...
que l'on pansait de nos deux coeurs au bandage de notre bonheur
en leur faisant dès qu'ils partaient, avec plaisir, des bras d'honneur
et puis moi je t'avais promis un long voyage en amoureux
j'y avais perdu un ami mais gagné de l'argent pour deux
mais il a fallu que tu tombes ce soir d'hiver sur ce taré
que j'ai trouvé avant les flics.. qui a souffert.. mais pas assez
Toi qui n'avait pas de prénom, à part celui du souvenir
que je revois de la prison où se pourrit mon avenir
Nous qui n'avions pas d'autres rêves.. que d'être heureuses et pour toujours
Nos dernières paroles s'achèvent sur cette croix d'un autre jour..
que j'imagine de ma cellule, où je voudrai bien te rejoindre
et les billets pour ce voyage eux ne manquent pour t'atteindre..
 |
Juin 15,2003, 8:48 pm
*** LE CADEAU DES YEUX *** |
Miroirs de nos âmes égarées sur ce monde
Espoirs que nos larmes salées inondent
Les yeux sont de ces puits infinis de lumière
Qui transforment pour nous le néant en matière
Quand le noir et le blanc brusquement disparaissent,
qu’explosent lentement les couleurs qui naissent
comme cet univers en s’étant retiré
La vue nous a donné ce que vivre apportait
car si tous commencent, tout se finit aux regards,
sans cesse on les cherche, pour mieux les recevoir
Courages et passions, amours ou abandons
L’aveugle présomption que la clé du mystère
Se bornait à capter de ces rayons solaires
Mais ses yeux pour l’humain sont bien plus que cela
Comme un don de leurs cieux, aux hommes, nains d’en bas
Terrés sous la montagne et croyant à l’abri
Sans pouvoir d’un masque, en cacher la partie
Regarde en lui, ses yeux, tu sauras s’il ment
Regarde au fond des yeux et tu sauras sûrement
Regardez ses yeux
fixement
Jusqu’à découvrir, le meilleur ou le pire
Ce qu’il ne veut ou ne peut dire…
 |
Juin 14,2003, 10:28 pm
*** MATEROSA *** |
La somme de mes regards n'est jamais supérieure
à ton image à toi qui m'endommage au coeur
Le prix de notre vie s'envole en liasse amer
car l'oiseau d'or ne vit qu'auprès de toi ma mère
et son chant mélodieux n'a rien d'un adieu
c'est un merci pour toi mais un refrain pour deux
Les larmes de mes peines ne coulent jamais plus haut
que mes yeux qui ne saignent qu'à voir ce qui est beau
et mes paroles soufflent à toi seule qui est
celle par laquelle je suis et de cela je nais
hier et aujourd'hui sans cesse renouvelant
le miracle qui fait que je sois ton enfant
 |
Juin 14,2003, 10:23 pm
*** ALOIS*** |
J’ai
perdu mon nom quand tu m’as donné le tien
et
si Gaspard était mon père ou bien mon chien
mais
quand le passé est le présent et qu’à présent est effacé
c’est
une gomme rongeant les lettres vives de mes pensées
fait
table rase quand perd une case mon esprit
n’est
plus qu’un fier lépreux serrant la main d’autrui
Les
gens me reconnaissent mais moi ne les connaît
et
l’oubli leur apprend que l’esprit lui ne naît
des
contagieuses raisons quand les autres à leurs tour
vous oublient dans l’oubli qui consumme vos jours
 |
Juin 14,2003, 10:20 pm
*** AVEUGLE A TA BEAUTE *** |
Qui es-tu toi, toi l’inconnue que je tutoie ?
Gris-masque ou mascaras, grimace ou masque en soie,
Visage blanc, sans prise aux gens, que tu me donnes
Bise glacée sans vie passée que l’on pardonne
Regard avide empli d’un vide qui me fait peur
Pas même un rire, un souvenir perle ton cœur
Du marbre froid, un arbre droit, là sans racine
Pas de regret ni de secrets qui t’assassinent
Miroir-objet sans joie teinté là sur ta glace
Moi je te parle, toi tu te tais tout à ma place
 |
Juin 14,2003, 10:10 pm
*** LA MERE DE DIEU *** |
Dors doucement, mon calme enfant et petit Roi
Tenant en main tous ces humains sur qui tu croîts
Fermes tes yeux, et rêve heureux sur leurs malheurs
Pantin-jouets, aux fils noués à ta chaleur
Immobile à leur pas, où ton babil n’éclaire rien
toujours tombant mais se battant pour être tien
tu as posé ton lange souillé sur leurs visages
Peut-être y verront - ils les vestiges d’un sage
Espoirs immobiles, dos courbés d’exister
s’éteignant de ton rire en voulant résister
se battant chaque jour pour te porter cadeaux
d’une vie de poussière, ils veulent faire un radeau
Une masse qui oublie, mon humble petit Dieu
que les jeux de ton âge sont loin d’être si pieux
l’espoir est un miroir qui les tient éveiller
Déjà tes yeux se ferment aux vœux des aveuglés
 |
Juin 14,2003, 10:04 pm
*** LIBERTE*** |
Cette dame porteuse de la torche sacrée
se voulait l'âme heureuse d'un règne nouveau né
Mais la lumière brandie a aveuglé le monde
cachant derrière celle-ci le masque de l'immonde
et quand de l'autre main un couteau se saisit
égorgeant tous ses fils qui lui devaient la vie
Comme des papillons aveuglés par la flamme
Chacun tend son cou aux coups de cette femme
Brûlant leurs ailes d'argents à son souffle moqueur
S'embrasant captivés par le jeu des couleurs
Lorsqu'ils comprennent enfin la nature de l'enfant
Crachant sa haine aux humains ce visage de Satan
Ce monstre liberté qui les avaient piégé
En propageant le meurtre et détruisant la paix
Voulant l'or apporté dans sa noirceur totale
Quand le sang écrira en lettres capitales
Que ce monde en déclin n'est qu'une oeuvre du mal
 |
Juin 14,2003, 10:01 pm
*** CROIRE NE SUFFIT PAS *** |
Je croyais mes yeux, calices, fait de mes larmes
mais ils sont nés supplices au doux froid de mon âme
Je pensais de mon souffle m’échapper des rancœurs
mais n’était que prison où s’enferme mon cœur
Je vivais de mes mots en croyant à leur sens
ce n’était qu’un fardeau qui brûlait mon silence
J’espérais ton amour, comme quoi tout est possible
Aux charmes de mes mots en déchirer la bible.
Il faut croire que ton Dieu était plus haut que nous
Puisqu’il te prend la main et me pend à ton cou
 |
Juin 14,2003, 9:55 pm
*** AME RETIVE *** |
Une araignée noire posée sur ta joue blanche
Tisse tous tes regrets, de tes larmes s’épanche
Glisse au long de ta peau, de tes sanglots s’enfuit
que d’un revers de main, de honte tu essuies
Toile en chagrins passés que nul pourtant ne sait
Voile amer d’un bonheur à grand peine esquissé
Proie captive aux crochets, du filet piège au temps
Sois immobile, toi, l’éprise en sanglotant.
 |
Juin 14,2003, 9:46 pm
*** PENDULAIRE *** |
Vingt-trois larmes salées remontent à mes joues
et viennent se noyer en long filés de bruine
dans l’azur et le bleu s’irrisant de rouge ou
feu forme l’océan de mes yeux en ruines
Le mouchoir s’assèche de mes sanglots perdus
Se recoud lentement du fil de cet espoir
replié à jamais par tant de mots déçus
reçus puis rejetés, aveuglés par l’histoire
d’une ado qui aimait un garçon sans y croire
d’un garçon illusoire, d’une lettre oubliée
au fond d’un vieux tiroir, d’une ado que j’étais
d’une ado oubliée au collier de lin noir
croir sysan çongar un maiai qui donadu
noir lin de liercol au ébliou doandu
 |
Juin 12,2003, 8:28 pm
*** MASANI *** |
Parmi les ombres du temps, au souffle des ténèbres,
aux griffes, froid silence, la terre semble s'ouvrir,
accouchant d'une nymphe qui se dresse funèbre,
marche nue dans les ronces, s'entrouvrent en soupirs..
ses yeux, lunes blafardes, de leur noirceur se fraient
sous le regard des dieux, un passage interdit.
Cet oiseau éternel au masque de l'effraie,
le corps en marbre blanc succube à l'appétit
désirable, déesse, vampire dont la faim
ne fait battre son coeur et son cri ne soulève
ni sa peau ni son sein de fille damnée d'Eve
A ses lèvres rougies l'inéfable parfum
de la faucheuse embrase le corps qu'elle ne peut prendre
et qui vient l'appeler au creux de gorge livre
le flot diamant qui doux, asperge sa peau tendre,
l'inonde faussement du sentiment de vivre,
s'écoule et boit son âme qu'elle noircit à jamais
de cette fin des autres qui s'éteignent en râles
et renaissent parfois tristes âmes damnées
descendant sans passion de l'indiscible mal
qu'elle a fait avec celle qu'elle déchire et qu'elle mord
triste vierge d'années chaque soir est violée
par son propre désir, ses cuisses entre la mort
qui la prend dans son antre mais ne peut l'empaler
 |
Juin 11,2003, 10:35 pm
***TROP DE TROIS *** |
|
De combien est le prix à l'été de nos vies
allaitant le garçon au passé de l'envie
Enserre de ses doigts le sein de nos regrets
de sa gorge pressant et sa main resserrée
sur la peau, en nos coeur, se gorge de désir
de vivre mon bonheur dont il est le vampire
hurle de rage et faim puis dévore en succions
mon corps sage qu'il consumme fait jaïr en pulsions
le lait doux, triste et chaud qui se lient au sang froid
de celui qui me tue et m'éloigne de toi
 |
Mai 31,2003, 3:49 pm
*** GERMAINE SANS HISTOIRE *** |
Ouais elle s'est barrée mes yeux..
Et elle m'a boulet le coeur
Un regard de travers et un pied en demeure
Un gros poing sur mon nez
Un point final d'ailleurs
C'était bien terminé
Ça fait mal et j'ai peur
T'es vraiment qu'une ordure
Et puis c'est moi qui pleure
Si tu crois que c'est dur
Et que c'est moi qui meurs
Fais bien gaffe ma jolie
Toi que j'appelais ma soeur
Une griffe sur ton lit
et ta rancoeur ta baffe
tout juste après l'amour
c’était pas une farce
même si ça tourne court
tu voulais qu'on le fasse
mais on m'appelle folie
et tu sauras pourquoi
non, personne , jolie
personne ne me jette moi
Un sale chat dans les pattes
miaule j'en fiche un cou
mais moi j'avance pas
moi je pensais à nous
c’est glauque ça pue dehors
ça sent la pisse, la mort
moi j'ai la robe usée..
le mal de l'abusée
oui satan m'a baisé
mais c'est pas terminé
satan aussi il me connaît
ça fait longtemps que j'me l'suis fait
tu m’entends ? derrière tes vitres
sûre que t’es là.. quelque part
à me voir vaquer seule dans le noir
tu m’entends..sûr que tu ris
que tu ris de moi dans le soir
à faire la pitre au milieu des poubelles
sûr que tu ris pucelle de me voir ainsi..
je prends.. une brique je la balance..
raté mon coup.. t'as de la chance..
claque.. tombe sur le pavé..
j'ai la main pleine de sang séché..
bizarre..
j'ai mes cheveux blond dans les narines
qu'au moins il me bouche cette odeur..
de latrine
y'a un gars glauque qui me regarde..
et un vieux poivrot qui écluse sa bibine..
s'ils me suivent je leur coupe les..
un pigeons passe, ce qu'il est laid..
lui manque une patte..
moi j'aimerais bien..voler..
j'ai encore ta sueur sur ma peau..
le grain de ton corps me gratte
je te jure que si..
je me retourne mais je suis trop avancée
dans la nuit..
tu n'es plus là.. ni ton appart'
il n’y a même pas la lune,
pour éclairer mes idées sombres
tu m’entends la brune..
moi je baise avec ton ombre.
tu m'entends ?.. tiens j'ai des tâches..
grenat sur ma robe..au réverbère
je frotte mais ça part pas..
ma soie berbère ne me lâche pas !
pas toi en plus..déjà hier..
moi qui croyait avoir trouvé..
de l'or.. de l'or dans mes souliers..
je marche, une crotte de chien..
la vache c'est dégueulasse, et puis je n'y vois rien
mamie disait que j'ai des yeux vert d'olivine..
si elle était aveugle..à quoi ça sert
mine mes heures, mais arrive enfin..
au port..les bateau dansent.. dans les lumières des bites
éclairent le corps d'un marin qui dort,
sale cuite..
j'avance vers l'eau.. sent la marée..
envie de vomir.. c'est pas vraie,
vomis dans les poissons,
le sel de mes regrets plus que notre passion
pique la bouteille au matelot dormant
regarde le couchant.. la bois la boisson poison..
qui m'emmène.. oh qui m'emmène si loin d'un monde..
dans un univers au ballet ou la beauté chaque seconde..
éclate en bulles de savon.. sirupe le long de mes yeux clairs
au bas de mes joues qu'elle berce de lumière..
de bonheur heureux.. de chat caressant mon corps de sphinx
à l'écueil de mon buste, au firmament du flot inondant mon larynx
j'ai les doigts s'égarant sur le matelot dormant,
prends peur, se réveille et bascule, pas dans le rêve..
dans l'eau plouf du doc pétrole
reprends mes esprits souris folle...
reprends la bouteille danse sur les quais...
adieu ma soeur.. à ta santé..
adieu.. mon amour je te hais
vieille pouf...
le marin surgit.. dégoulinant de flotte..
un chapelet d'algues autour du cou..
je rote... lui au regard..fou
puis tout à coup...
tout s'effondre ma machoîre..
quelle fût donc la fin de l'histoire
 |
Mai 18,2003, 8:19 pm
***FLEUR DE LAITUE *** |
Quel jour est-on, aucune idée.. Quelle année et quel mois ?
Les oiseaux ont posé leurs pattes aux barbelés
qui entourent mon coeur et la cour encerclée.
Ils ont chanté pour eux et se moquent de moi..
Quel jour est-on ? Quel jour est-on ? Je ne sais pas...
Le geôlier me regarde, moi je vois les oiseaux
Je ne suis pas un saint..au moindre doute il sait
Le geôlier me regarde.. il ne voit que barreaux
qu'il tuera l'assassin qu'il emmène pisser
Les trois moineaux s'envolent, en pépiant, libres tournent
au dessus des menottes et des chaînes d'acier
qui se dressent en grinçant sur le sol sombre tourbe
Quel jour est-on ? Je ne sais pas.. et mon bandeau me gratte
cet oeil n'est plus bon qu'à pleurer..la vie est plate
Il y a toujours un pissenlit qui a poussé comme par hasard
entre l'enfer de la prison et cette terre en désespoir
J'avance encore.. cabane miteuse en triste bois
Gravée de rêve et de prières que je ne vois
Pousse la porte..puanteur infecte de ma vie
est écrasée à son passage la fleur sans bruit
Disparaît referme la porte et mes doigts sous la cuvette
Quel jour est-on ? Quel être est-on ? Quelle mort a-t'on ?
ressort lame d'argent, couteau logé sous la lunette
le fait danser dans mes poings liés, pense au maton
pense aux oiseaux, pense aux barreaux de la prison
ouvre la porte
 |
Décembre 10,2002, 7:58 pm
*** IMMOBILE *** |
Et la lune affolée a posé sur mon cœur
un peu de sa folie, beaucoup de son malheur
et la rosée a luit sur mes lèvres perdues
qui n’ont croqué de fruits que leurs désirs fendus
et la fièvre a rongé au front de mes hivers
une errance passée au jardin des misères
et mon œil n’a luit que d’un désir secret
celui de naître aveugle et de mourir crevée
et le soleil a pris dans ses rayons mon corps
n’en a fait que charpie, d’ardents chardons de mort
où les grains de pavot pauvres grains de poussières
ne font que s’envoler sans sauver la lumière
et la statue qui est le corps que j’ai vendu
maquillée de son art n’est qu’un pavé pendu
au socle du silence et mensonge de vie
rongée par son destin, perdue dans sa folie
regarde les oiseaux qui maculent ses bras
des fientes de leurs mots chantent qu’elle ne fuira
 |
Décembre 10,2002, 7:55 pm
*** BALLET NOCTURNE *** |
Le pied d’une sorcière a frappé de sa ronde
les cris qu’elle a volé et chaque être, seconde
son rire, dont les voix de damnés émouvants,
s’accrochent en suppliques aux hurlements du vent
Les colliers d’os jaunis, ornements mortuaires
se frappent d’ombre nuit au rythme de la terre
qui se craquelle et laisse apparaître éructant
les génies en colères et le flou grouillement
des carabes ailées dont les noires élytres
s’écrasent sur son corps en caresses sinistres
Lorsque la gueule d’ombre, entaillée par les pierres
de la succube s’ouvre, en vomis s’envolèrent
des papillons de nuits dont le ballet nocturne
est un postillon noir des arbres vers la lune
et quand des heures plus tard en sillons ravagé
le sol de ses enfants n’est plus en rien gorgé
La femme à l’œil aveugle le tourne vers les astres
dirige ses nuées au chevet du désastre
et tourbillon de cris, auréole d’insectes
elle, s’envole, elle aussi ne laissant que d’infectes
tumeurs qui au matin, au sol dressent suppliques
et ne laissent au cœur qu’un cercle de colchiques
 |
Novembre 23,2002, 2:29 pm
*** TOURMENTE *** |
Un papillons de haine vibrant de solitude
A battu à l’orage ses ailes qui ne portent
Plus rien d’un rêve amer que la folie exsude
Plus que sang et que chairs d’une ombre déjà morte
et le vent a froissé, distendu de son rire
le cerf-volant blessé qui lance un dernier cri
quand son dos couturé et masqué de mépris
s’est vrillé des instants que le vent lui déchire
sans aucune pitié aveuglé et meurtri
battu et retourné, cadavre vers le vide
est jeté dans un souffle. Les pleurs qui ne rident
que cet amas de chair, dépecé et flétri
le lestent de douleurs, ce cocon d’où ne naît
plus aucune espérance, son corps est déformé
et dans la boue, les gouttes, les seules à applaudir
font un concert et ne l’incitent qu’à mourir
 |
Octobre 12,2002, 7:40 am
*** MACADAME *** |
J'ai dévoré mon corps aux creux des autres jours
mes entrailles glacées cisaillées tout autour
des marques noires. Mes dents découvrant maculées
ce qu'elles ont, aux tranchant de ma voix, cisaillé
et je prends dans mes bras en rire froid la douleur
anorexie mon mal, couteau, proie qui se meurt
tout au fond de mes doigts se desserre et demeure
le trésor de ma vie, un coeur las qui s'arrête
que je presse battement et mimant de la tête
le hoquet de l'enfance, la chanson des vieux jours
d'un bébé au réveil et d'un monstre à rebours
et je ris de mon mal en mangeant le silence
des autres qui me croisent et me crois en démence
et j'ai jeté si fort mes artères sur le mur
de la terre c'est un trou qui en moi se fissure
des abimes d'un corps déshabille tailladée
ma peau nue de l'humain, qu'un vagin sur des pieds
et la bave a monté, commissure qui sourit
par pitié qu'on dédaigne par amour qu'on essuie
salissure aux chiffons et rayure d'un temps
l'autrefois est un lieu qu'on oubli en mourrant
et les spasmes ne laissent de mon masque de jais
qu'un cadavre de chairs dont je suis affligée
et les gens qui n'ont droit qu'au cliché noir et blanc
de ma vie prostituée ne voient pas tout ce sang
qui s'écoule et moi folle ne fait que révérence
d'une Eros costumée arrachée à l'errance
et éteint mon ego à ma poitrine ouverte
et enflamme son vide de la vie qui lui reste
je ne suis qu'un zombie qui a peur de la tombe
une fille de la nuit qui couche avec les ombres
et la colombe au nid tressée de datura
et d'épines à la lie de son passé tuera
ce qui n'était qu'un rire n'est plus rien que l'écho
et de ce souvenir ne sont plus que des mots
|
Octobre 2,2002, 1:46 am
***AMERS REGRETS*** |
Elle,
a remisé sa vie aux mains de ses amants
a déchiré la fleur en papier du serment
n'a plus juré devant quiconque qu'elle aimait
ce voeux païen pourtant qu'on ne grave jamais
dans la pierre dont le temps ne laisse que du sable
d'une bible où l'histoire n'est pas plus qu'une fable
elle a couché, fauchée, aux mots de liberté
mais n'y a retrouvé plus rien de sa fierté
et les enfants, regards perdus de désespoir
ont maquillé leurs rêves de ces costumes noirs
Pour un amour indu, combien de vie volées
qui n'ont trouvé leur voie aux chemins du passé
et ne l'appelle mère qu'en souvenir d'un temps
où ils avaient un père et l'appelaient maman
 |
Septembre 28,2002, 7:55 pm
*** AMOUR PROPRE *** |
La vie privilégie toujours les mots d'amour
car il faut être deux pour conjuguer toujours
les verbes ennuyeux du triste dictionnaire
couverture de soie à ce désir vulgaire
de ce plaisir coupable de ne faire que pour soit
ce qui n'est pas un monde car il suffit d'un doigt
 |
Septembre 28,2002, 11:12 am
*** VIE PARALLELE *** |
Les costumes donnés, repris et reprisés
ne font de nous que des vitrines déguisées
aux mains du maître noir du noeud de nos histoires
papillons costumés endimanchés de croire
à leur propre existence quand le vent qui les meut
n'est qu'un souffle sans fin dont ils n'ont que le jeu
et l'hélice en ses pâles aux insectes fébriles
se donne un territoire en les mouvant d'asiles
et eux s'inventent uniques, ces esclaves de chair
quand il ne sont glorieux que des passages d'air
et le nouveau se moque de l'ancien déjà mort
et ne se perpétue que ceux qui font encore
et sans cesse le tour au hasard des mouvances
ne laisse des esquisses que rêves d'existences
 |
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